Le TSA, ou trouble du spectre de l’autisme, est un trouble neurodéveloppemental caractérisé notamment par des particularités persistantes de la communication et des interactions sociales ainsi que par des comportements, intérêts ou activités restreints ou répétitifs, auxquels peuvent s’ajouter des particularités sensorielles.
Comprendre l’AuDHD
Le terme AuDHD désigne la coexistence chez une même personne d’un trouble du spectre de l’autisme et d’un trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité. Le mot vient simplement de la contraction d’Autism et ADHD, le sigle anglais du TDAH.
Le terme est d’abord devenu courant dans les communautés concernées avant d’être progressivement repris dans des publications consacrées à la neurodiversité et jusque dans la communication d’organisations médicales. En 2025, l’American Psychiatric Association présentait elle-même la coexistence de l’autisme et du TDAH comme étant parfois appelée « AuDHD ».
Cette évolution du vocabulaire correspond à une évolution beaucoup plus importante de la compréhension clinique de ces deux troubles neurodéveloppementaux.
Autisme et TDAH peuvent réellement coexister
Pendant longtemps, les classifications diagnostiques ont contribué à donner l’impression que l’autisme et le TDAH constituaient deux catégories nettement séparées. Avant la publication du DSM-5 en 2013, les règles diagnostiques américaines empêchaient notamment de poser simultanément certains diagnostics appartenant à ces deux ensembles. Cette histoire a eu des conséquences durables sur la recherche puisque des générations de personnes ont été étudiées essentiellement comme « autistes » ou comme « TDAH », alors qu’une partie d’entre elles présentaient probablement les deux profils. Les recherches contemporaines sur les adultes rappellent régulièrement que cette ancienne séparation a limité les connaissances disponibles sur la coexistence des deux conditions.
Aujourd’hui, les deux diagnostics peuvent être posés chez une même personne. Le DSM classe l’autisme et le TDAH parmi les troubles neurodéveloppementaux, tandis que la CIM-11 de l’Organisation mondiale de la santé dispose également de catégories diagnostiques distinctes permettant d’identifier ces fonctionnements dans un cadre clinique. La CIM-11 est entrée en vigueur comme référence internationale pour les données de santé en janvier 2022 et son manuel clinique détaillé a été publié par l’OMS en 2024.
La coexistence est loin d’être exceptionnelle. Les estimations diffèrent selon l’âge des personnes étudiées, les critères retenus, les outils diagnostiques et les populations observées. Une méta-analyse citée par l’American Psychiatric Association estimait qu’environ 39 % des personnes autistes étudiées présentaient également un TDAH. D’autres travaux trouvent des proportions différentes, ce qui rappelle qu’il est préférable de parler d’une coexistence fréquente plutôt que d’un chiffre universel applicable à toute la population.
Cette fréquence explique pourquoi considérer systématiquement l’autisme et le TDAH comme deux mondes indépendants peut conduire à manquer une partie importante du fonctionnement réel d’une personne.
Deux fonctionnements qui ne s’additionnent pas simplement
On pourrait imaginer qu’être AuDHD revient à prendre les caractéristiques habituelles de l’autisme, à y ajouter celles du TDAH et à obtenir la somme des deux. Dans la réalité, leur interaction peut être beaucoup plus complexe.
Certaines caractéristiques vont dans le même sens et peuvent accentuer une difficulté. D’autres peuvent sembler opposées et produire des comportements qui paraissent contradictoires lorsqu’on les observe de l’extérieur.
Une personne peut par exemple avoir un fort besoin de prévisibilité, préparer mentalement ses journées et mal vivre les changements imprévus, tout en ayant énormément de difficultés à maintenir la routine qu’elle a elle-même construite. Elle peut vouloir organiser précisément son environnement mais oublier régulièrement certaines tâches, perdre ses affaires ou repousser une action jusqu’à ce qu’elle devienne urgente.
Elle peut aimer retrouver les mêmes aliments, les mêmes vêtements ou les mêmes itinéraires tout en ressentant parallèlement un besoin intense de nouveauté dans ses activités intellectuelles. Elle peut rechercher une stimulation permanente puis atteindre rapidement une saturation sensorielle. Elle peut avoir besoin d’un cadre stable mais s’ennuyer lorsqu’il devient trop répétitif.
Cette impression de contradiction est suffisamment fréquente pour être décrite par l’American Psychiatric Association, qui donne notamment comme exemples le conflit entre besoin de routine et ennui face à la répétition, ou entre recherche de stimulation et tendance à être rapidement submergé par certaines stimulations sensorielles.
Ce ne sont pourtant pas deux parties du cerveau qui se disputeraient le contrôle d’une personne. Il s’agit d’un même fonctionnement neurodéveloppemental dans lequel plusieurs dimensions interagissent.
L’attention ne fonctionne pas simplement « bien » ou « mal »
L’une des difficultés pour comprendre l’AuDHD vient du mot attention.
Une personne TDAH n’est pas incapable de se concentrer. Elle peut au contraire rester absorbée pendant des heures par une activité suffisamment stimulante, intéressante ou urgente tout en ayant énormément de difficulté à commencer une tâche beaucoup plus simple mais peu motivante.
Une personne autiste peut également développer une concentration très intense autour de certains intérêts ou activités.
Chez une personne AuDHD, ces caractéristiques peuvent se rencontrer. Certaines personnes passent ainsi d’une difficulté majeure à mobiliser leur attention à une absorption extrêmement intense dans une activité. L’interruption peut alors devenir particulièrement difficile.
Des recherches récentes portant sur plusieurs milliers d’adultes confirment que les traits autistiques et les traits de TDAH restent statistiquement distincts tout en présentant certaines zones de rapprochement. Les caractéristiques relatives au contrôle de l’attention apparaissent notamment parmi les dimensions intéressantes pour comprendre leur chevauchement, même si les chercheurs n’ont pas identifié un mécanisme cognitif unique capable d’expliquer toute la coexistence des deux conditions.
Cette nuance est importante. L’AuDHD ne peut pas être réduit à un problème de concentration.
Les fonctions exécutives occupent une place importante
Les fonctions exécutives regroupent plusieurs capacités nécessaires pour transformer une intention en action. Elles interviennent lorsqu’il faut commencer une tâche, maintenir un objectif en mémoire, résister à une distraction, changer de stratégie, planifier plusieurs étapes, estimer le temps nécessaire ou passer d’une activité à une autre.
Des difficultés exécutives peuvent exister dans l’autisme comme dans le TDAH. Une méta-analyse ayant comparé directement les deux populations montre d’ailleurs que les performances exécutives ne suivent pas une frontière suffisamment nette pour permettre de séparer simplement les deux diagnostics à partir de ce seul fonctionnement.
Dans la vie quotidienne, cela peut produire des situations déroutantes.
Une personne peut parfaitement savoir ce qu’elle doit faire, avoir envie de le faire, disposer du matériel nécessaire et pourtant rester incapable de commencer pendant un temps considérable. À l’inverse, une fois l’activité commencée, elle peut avoir beaucoup de difficulté à l’interrompre.
Elle peut élaborer un système d’organisation extrêmement précis pour compenser ses difficultés puis abandonner ce système quelques semaines plus tard parce qu’il demande trop d’effort, ne procure plus assez de stimulation ou devient trop rigide.
Cette alternance entre besoin d’organisation et difficulté à maintenir l’organisation constitue l’une des expériences fréquemment décrites par les personnes vivant avec les deux diagnostics. Elle ne permet toutefois jamais, à elle seule, de conclure qu’une personne est AuDHD.
Le besoin de routine peut cohabiter avec le besoin de nouveauté
L’une des images les plus parlantes du profil AuDHD est celle d’une personne qui cherche simultanément la stabilité et la stimulation.
La prévisibilité peut réduire la charge cognitive. Savoir où l’on va, combien de temps cela va durer, qui sera présent ou comment une activité va se dérouler permet de limiter le nombre d’informations nouvelles à traiter.
Le TDAH peut cependant rendre certaines routines difficiles à maintenir lorsque la stimulation diminue. Une activité parfaitement supportable pendant quelques semaines peut devenir presque impossible à poursuivre lorsqu’elle ne génère plus suffisamment d’intérêt.
La personne peut alors changer son environnement, commencer un nouveau projet, acheter du matériel pour une nouvelle activité ou modifier complètement son organisation, avant de ressentir quelque temps plus tard le besoin de retrouver un cadre beaucoup plus stable.
Ce mouvement n’est évidemment pas présent de la même manière chez toutes les personnes AuDHD. Il illustre surtout pourquoi l’observation d’un seul comportement à un moment donné ne suffit pas toujours à comprendre le fonctionnement général.
La sensorialité fait partie du tableau
Les différences de traitement sensoriel occupent une place importante dans l’autisme et sont désormais intégrées aux critères diagnostiques de l’autisme.
Une personne peut être particulièrement sensible à certains sons, certaines lumières, textures, odeurs, températures ou sensations corporelles. À l’inverse, elle peut percevoir plus difficilement certains signaux ou rechercher activement certaines stimulations.
Le traitement sensoriel ne se réduit donc pas à être « hypersensible ».
Des recherches montrent également que les particularités sensorielles ne sont pas exclusivement présentes dans l’autisme. Elles peuvent être retrouvées dans le TDAH, avec des profils parfois proches sur certaines dimensions. Des travaux comparant directement autisme et TDAH parlent ainsi de phénomènes sensoriels transdiagnostiques, même si leur organisation et leur intensité peuvent différer.
Chez une personne AuDHD, cela peut créer des situations complexes. Elle peut chercher activement de la stimulation tout en étant très sensible à certains types de stimulation. Elle peut bouger constamment mais ne pas supporter un lieu bruyant. Elle peut avoir besoin de musique pour commencer une tâche tout en étant incapable de travailler lorsqu’une conversation se déroule à côté d’elle.
Les recherches consacrées spécifiquement à la manière dont autisme et TDAH interagissent dans le traitement sensoriel restent encore limitées. Une étude publiée en 2026 sur l’intégration multisensorielle n’a par exemple pas trouvé d’effet interactif simple permettant de considérer que les traits autistiques et les traits TDAH produiraient automatiquement une différence sensorielle supplémentaire lorsqu’ils sont associés.
Cette absence de mécanisme simple est précisément l’une des raisons pour lesquelles il faut éviter de construire un « profil AuDHD type » auquel tout le monde devrait ressembler.
Les émotions peuvent devenir difficiles à réguler
La régulation émotionnelle correspond à la capacité à moduler l’intensité, la durée et l’expression d’une émotion en fonction de la situation.
Les difficultés de régulation émotionnelle sont fréquemment observées chez les adultes TDAH et apparaissent également dans les recherches consacrées aux personnes autistes. Une revue systématique récente portant spécifiquement sur les fonctions exécutives et la régulation émotionnelle dans l’autisme, le TDAH et leur coexistence confirme que ces deux domaines sont liés dans les trois groupes, tout en soulignant que la recherche reste hétérogène et qu’il manque encore des études directement consacrées au profil combiné.
Cela peut se traduire par une montée très rapide d’une émotion, une difficulté à revenir à un niveau d’activation habituel, une tolérance réduite à l’accumulation de stimulations ou une réaction très forte face à une frustration qui peut sembler mineure à l’entourage.
Le contexte compte énormément. Une personne peut gérer sans problème un événement isolé mais perdre ses capacités d’adaptation lorsque plusieurs demandes, bruits, changements et obligations s’accumulent.
Un trouble peut contribuer à masquer l’autre
L’histoire diagnostique de nombreuses personnes AuDHD n’est pas celle de deux diagnostics obtenus simultanément.
Certaines reçoivent d’abord un diagnostic de TDAH. Leurs difficultés sociales, sensorielles ou leur besoin de prévisibilité sont ensuite interprétés comme des conséquences du TDAH, de l’anxiété ou de leur personnalité.
Chez d’autres, l’autisme est identifié en premier alors que l’inattention, l’impulsivité, les difficultés d’organisation ou la recherche de stimulation sont attribuées au fonctionnement autistique.
Il existe également des personnes chez lesquelles les stratégies développées pour compenser un fonctionnement semblent momentanément atténuer l’autre.
Une forte utilisation des routines peut, par exemple, permettre de compenser certaines difficultés d’organisation. Une personne peut donner l’impression d’être extrêmement organisée alors que cette organisation demande un effort quotidien considérable. Une intelligence verbale élevée, une bonne mémoire ou des stratégies conscientes d’observation sociale peuvent également rendre certaines difficultés moins visibles.
Cette possibilité de camouflage explique en partie pourquoi une évaluation sérieuse ne se limite pas à observer ce qu’une personne réussit à faire. Elle cherche également à comprendre comment elle y parvient, quelle quantité d’effort cela demande et ce qui se produit lorsque les stratégies compensatoires deviennent insuffisantes.
Les femmes sont particulièrement concernées par les diagnostics tardifs
Les connaissances historiques sur l’autisme et le TDAH se sont en grande partie construites à partir de populations masculines, particulièrement chez les enfants.
Les recherches consacrées aux filles et aux femmes montrent désormais que certaines présentations peuvent passer plus facilement sous les radars. Pour l’autisme, les travaux recommandent notamment de prendre davantage en compte le camouflage, d’élargir les exemples comportementaux utilisés lors de l’évaluation et de vérifier qu’un trouble anxieux, dépressif ou une autre difficulté de santé mentale ne masque pas le fonctionnement autistique.
Le TDAH présente un problème similaire. Les filles sont moins souvent diagnostiquées pendant l’enfance et reçoivent en moyenne leur diagnostic plus tard que les garçons. Les formes dans lesquelles l’inattention domine, sans hyperactivité très visible, peuvent être plus facilement négligées.
Lorsque les deux conditions coexistent, cette difficulté peut être encore plus importante.
Une étude qualitative consacrée spécifiquement à des femmes ayant reçu à l’âge adulte un diagnostic d’autisme et de TDAH montre à quel point le camouflage, les attentes sociales liées au genre et les années passées à essayer de fonctionner selon des normes neurotypiques peuvent influencer leur parcours diagnostique. Cette étude reste petite puisqu’elle porte sur six participantes, mais elle documente une expérience encore très peu étudiée directement.
Une autre étude récente consacrée à l’expérience de femmes diagnostiquées à l’âge adulte avec les deux conditions souligne également la nécessité d’étudier le vécu combiné plutôt que de considérer systématiquement l’autisme et le TDAH séparément.
Ce sujet sera développé dans notre dossier consacré aux femmes et au diagnostic tardif.
L’AuDHD chez l’enfant ne ressemble pas forcément à l’AuDHD chez l’adulte
L’autisme et le TDAH sont des troubles neurodéveloppementaux. Ils commencent au cours du développement et ne surgissent donc pas soudainement à quarante ans.
En revanche, leur expression peut évoluer considérablement.
Un enfant vit dans un environnement largement organisé par les adultes. Les horaires sont décidés par les parents ou l’école, les repas apparaissent à heures régulières, certaines obligations administratives n’existent pas encore et de nombreuses tâches exécutives sont prises en charge par l’entourage.
À l’âge adulte, la même personne doit parfois gérer simultanément son travail, son logement, ses finances, ses rendez-vous, ses relations, ses démarches administratives, ses repas, ses déplacements et éventuellement ses enfants.
Des difficultés qui semblaient relativement modérées dans un environnement très structuré peuvent alors devenir beaucoup plus visibles.
Inversement, certains adultes développent avec le temps suffisamment de stratégies compensatoires pour paraître plus autonomes qu’ils ne le ressentent réellement.
Des recherches longitudinales sur l’autisme montrent également que les diagnostics et conditions associées identifiés autour d’une personne peuvent évoluer entre l’enfance et l’adolescence. Le TDAH fait partie des diagnostics qui peuvent être reconnus plus tardivement chez certains enfants autistes.
Être AuDHD ne signifie pas avoir une personnalité précise
Il n’existe pas une personnalité AuDHD.
Une personne peut être extravertie ou introvertie, aimer parler ou être très réservée, rechercher les interactions sociales ou avoir besoin de longues périodes seule. Elle peut avoir d’excellentes compétences professionnelles dans un domaine complexe tout en ayant énormément de difficulté à remplir un formulaire administratif.
Elle peut être très expressive émotionnellement ou montrer peu ses émotions. Elle peut parler énormément lorsqu’un sujet l’intéresse et devenir presque incapable de parler lorsqu’elle est saturée.
Les diagnostics décrivent des ensembles de caractéristiques neurodéveloppementales et leurs conséquences fonctionnelles. Ils ne décrivent pas l’intégralité d’un individu.
C’est également la raison pour laquelle comparer son comportement à celui d’une autre personne diagnostiquée peut rapidement devenir trompeur.
L’AuDHD n’est pas simplement une collection de contradictions amusantes
Les réseaux sociaux ont largement contribué à faire connaître le terme AuDHD. Ils ont aussi produit une série de descriptions très reconnaissables dans lesquelles la personne veut une routine mais déteste les routines, veut voir des gens mais se fatigue rapidement avec les gens, veut de l’ordre mais vit dans le désordre ou commence vingt projets sans les terminer.
Ces descriptions peuvent refléter des expériences réelles.
Elles ne constituent cependant pas des critères diagnostiques.
De nombreuses situations peuvent produire de la fatigue, des difficultés d’organisation, des troubles de l’attention, une sensibilité accrue, une irritabilité ou une difficulté à gérer les interactions sociales. Le sommeil, l’anxiété, la dépression, certains traumatismes, des troubles de l’apprentissage, certaines maladies ou certains traitements peuvent également modifier l’attention, la mémoire, l’énergie et le comportement.
Une évaluation diagnostique cherche précisément à comprendre l’origine, l’ancienneté, la constance et les conséquences des caractéristiques observées.
Se reconnaître dans une description peut constituer un point de départ pour s’interroger. Cela ne permet pas à lui seul de déterminer l’existence d’un TSA, d’un TDAH ou des deux.
Ce que la recherche commence seulement à comprendre
La reconnaissance clinique de la coexistence de l’autisme et du TDAH est aujourd’hui bien établie. En revanche, la recherche spécifiquement consacrée aux personnes présentant les deux diagnostics reste jeune.
Une étude de 2024 portant sur plus de 5 500 adultes a confirmé que les dimensions autistiques et TDAH possèdent à la fois des caractéristiques distinctes et des zones de chevauchement. Les chercheurs soulignent également que les études précédentes étaient très majoritairement consacrées aux enfants et adolescents.
La neuroimagerie commence elle aussi à étudier directement les profils combinés. Une étude publiée en 2025, basée sur plusieurs milliers d’imageries cérébrales, a observé des différences neuroanatomiques associées à l’autisme, au TDAH et à leur coexistence. Les auteurs décrivent certains motifs qui pourraient être particuliers au groupe présentant les deux conditions, tout en rappelant que la neurobiologie sous-jacente reste encore mal comprise.
Cela ne signifie évidemment pas qu’un scanner cérébral puisse aujourd’hui diagnostiquer l’AuDHD. Ces travaux cherchent à comprendre des tendances statistiques observées dans des groupes de personnes. Ils ne constituent pas un outil permettant de déterminer le diagnostic d’un individu.
Une revue publiée en 2026 fait le même constat général. Les connaissances sur les caractéristiques partagées, les différences neuropsychologiques, les facteurs génétiques et les données de neuroimagerie progressent, mais les auteurs insistent encore sur la nécessité de ne pas négliger la coexistence des deux conditions lors de l’évaluation clinique.
Pourquoi le mot AuDHD reste utile
Si AuDHD n’est pas un diagnostic supplémentaire, on peut se demander pourquoi utiliser ce terme.
Son intérêt est essentiellement descriptif.
Dire qu’une personne est autiste avec un TDAH transmet l’information diagnostique. Dire qu’elle est AuDHD permet parfois de parler plus facilement de l’expérience produite par leur coexistence.
Ce terme a également permis à des personnes concernées de mettre des mots sur certaines expériences qui devenaient difficiles à expliquer lorsqu’elles étaient systématiquement découpées entre une partie « autisme » et une partie « TDAH ».
La recherche commence d’ailleurs à s’intéresser directement à cette expérience combinée, y compris dans les études qualitatives consacrées aux adultes ayant reçu les deux diagnostics.
Il reste toutefois utile de savoir de quoi l’on parle. Dans un dossier médical, un bilan ou une démarche administrative, ce sont généralement les diagnostics reconnus de trouble du spectre de l’autisme et de trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité qui sont utilisés.
Quelques mots utiles pour comprendre la suite du site
Le TDAH, ou trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, est un trouble neurodéveloppemental caractérisé par des difficultés persistantes concernant l’attention et, selon les profils, l’hyperactivité et l’impulsivité, avec un retentissement réel sur le fonctionnement quotidien.
Les fonctions exécutives regroupent des processus impliqués notamment dans la planification, l’inhibition, la mémoire de travail, l’organisation, la flexibilité mentale et la mise en action.
Le camouflage, parfois appelé masking, désigne les stratégies conscientes ou partiellement conscientes utilisées pour masquer, compenser ou modifier certains comportements afin de répondre davantage aux attentes sociales.
Le stimming désigne des comportements répétitifs ou auto-stimulatoires pouvant impliquer des mouvements, des sons, des objets ou d’autres formes de stimulation.
L’interoception correspond à la perception des signaux provenant de l’intérieur du corps, comme la faim, la soif, la température, le rythme cardiaque ou le besoin d’aller aux toilettes.
La proprioception permet notamment de percevoir la position et le mouvement de son corps dans l’espace.
La surcharge sensorielle ou cognitive apparaît lorsque la quantité d’informations ou de demandes à traiter dépasse temporairement les capacités disponibles.
L’hyperfocus est un terme couramment utilisé pour décrire une concentration particulièrement intense sur une activité ou un sujet, parfois accompagnée d’une difficulté à déplacer son attention vers autre chose.
Ces notions seront développées séparément dans les différentes sections du site.
Questions fréquentes
Est-ce que l’AuDHD est un troisième trouble
Non. Le terme décrit la coexistence de l’autisme et du TDAH chez une même personne. Il n’existe actuellement aucune catégorie diagnostique indépendante appelée AuDHD dans le DSM ou la CIM-11.
Peut-on être autiste et très sociable
Oui. L’autisme ne se définit pas par l’absence d’envie de relation sociale. Certaines personnes autistes recherchent activement les interactions, aiment parler, ont des amis et peuvent exercer des professions très sociales. Les particularités concernent notamment la manière dont les interactions sont comprises, gérées et vécues, ainsi que l’effort qu’elles peuvent demander.
Peut-on avoir un TDAH sans être visiblement hyperactif
Oui. Le TDAH peut présenter différents profils. Chez certaines personnes, les difficultés d’attention et d’organisation dominent largement et l’hyperactivité motrice est peu visible.
Chez l’adulte, l’hyperactivité peut également prendre des formes moins évidentes que chez l’enfant, comme une agitation interne, un besoin permanent d’activité, une difficulté à ralentir ou une tendance à multiplier les projets.
Pourquoi certaines personnes AuDHD semblent-elles pleines de contradictions
Parce que certaines caractéristiques de l’autisme et du TDAH peuvent pousser dans des directions différentes.
Une personne peut simultanément avoir besoin de prévisibilité et rechercher la nouveauté, aimer profondément certaines interactions sociales et en ressortir épuisée, vouloir un environnement très organisé et avoir de grandes difficultés à maintenir cet ordre, ou rechercher certaines stimulations tout en étant très sensible à d’autres.
Ces tensions sont suffisamment courantes pour être décrites dans les ressources médicales consacrées à la coexistence de l’autisme et du TDAH.
Elles ne sont toutefois ni obligatoires ni identiques chez toutes les personnes AuDHD.
Peut-on découvrir son AuDHD à l’âge adulte
Oui.
Le diagnostic à l’âge adulte ne signifie pas que l’autisme ou le TDAH sont apparus à l’âge adulte. Il signifie que leur présence n’avait pas été identifiée auparavant.
Des stratégies de compensation efficaces, un environnement familial très structuré, de bons résultats scolaires, une présentation peu conforme aux stéréotypes ou la présence d’autres diagnostics peuvent contribuer à retarder l’identification.
Les recherches sur le diagnostic tardif montrent notamment l’importance du camouflage et des biais historiques concernant les femmes.
Peut-on savoir que l’on est AuDHD grâce à un test en ligne
Un questionnaire peut attirer l’attention sur certaines caractéristiques et aider une personne à organiser ses observations.
Il ne permet pas à lui seul d’établir un diagnostic.
Les évaluations diagnostiques sérieuses examinent l’histoire développementale, les caractéristiques actuelles, leur présence dans différents contextes, leur retentissement, les stratégies de compensation et les autres explications possibles.
Nous détaillerons ce parcours dans la section consacrée au diagnostic.
Une recherche encore en construction
Il existe aujourd’hui suffisamment de données pour savoir que l’autisme et le TDAH coexistent fréquemment et qu’il est important de rechercher l’un lorsqu’une personne présente déjà l’autre.
Nous savons également que cette coexistence peut être associée à des difficultés fonctionnelles particulières. Chez des adultes autistes, la présence de symptômes TDAH a par exemple été associée à une autonomie moindre dans certaines activités quotidiennes et à une qualité de vie subjective plus faible.
Nous savons beaucoup moins précisément comment toutes les dimensions interagissent chez une même personne.
L’idée d’un profil AuDHD unique serait donc prématurée. Les recherches actuelles suggèrent plutôt une grande diversité de combinaisons entre traits autistiques, caractéristiques du TDAH, fonctionnement sensoriel, fonctions exécutives, régulation émotionnelle, environnement et stratégies développées au cours de la vie.
C’est précisément cette complexité que ce site cherchera à documenter.
Les dernières recherches sur l’AuDHD
Cette partie de la page sera alimentée par la veille documentaire du site.
Les études, recommandations cliniques et publications importantes concernant la coexistence de l’autisme et du TDAH y seront signalées lorsqu’elles apportent une information réellement nouvelle.
Chaque information devra indiquer sa source originale, sa date de publication et ce que l’étude permet réellement d’affirmer. Une étude isolée ne sera jamais présentée comme un consensus scientifique.
Les informations devenues suffisamment établies seront ensuite intégrées aux dossiers permanents correspondants afin que les pages du site évoluent avec l’état des connaissances.
Dernière révision documentaire de cette page en août 2026.