Repérage
Des signes, un questionnaire, l’observation d’un professionnel ou le vécu de la personne font penser qu’une évaluation plus approfondie serait pertinente. Le repérage ouvre une question. Il ne la tranche pas.
Un diagnostic sérieux ne consiste pas à additionner des scores de questionnaires. Il cherche à comprendre un fonctionnement qui s’inscrit dans le développement, son retentissement dans la vie réelle, les stratégies de compensation et les autres explications possibles. Lorsqu’un TSA et un TDAH sont tous les deux envisagés, l’évaluation doit aussi examiner la manière dont ils se recouvrent, se masquent ou se compensent.
Des signes, un questionnaire, l’observation d’un professionnel ou le vécu de la personne font penser qu’une évaluation plus approfondie serait pertinente. Le repérage ouvre une question. Il ne la tranche pas.
Elle rassemble l’histoire développementale, le fonctionnement actuel, le retentissement, les observations, les informations de contexte et, lorsque c’est utile, des outils standardisés ou des bilans complémentaires.
Il correspond à la conclusion clinique obtenue après confrontation des informations aux critères diagnostiques et examen des explications alternatives ou associées. Un résultat de test n’est donc jamais, à lui seul, le diagnostic.
L’AuDHD désigne la coexistence d’un trouble du spectre de l’autisme et d’un trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité. Le clinicien ne recherche donc pas un troisième trouble possédant son propre test. Il doit déterminer si les critères du TSA sont remplis, si les critères du TDAH sont remplis et si les difficultés observées sont mieux expliquées par cette coexistence que par une autre situation.
Cette distinction est importante parce que certains comportements peuvent avoir plusieurs origines. Une difficulté à soutenir une conversation peut relever d’une distraction importante, d’une difficulté à décoder certains échanges sociaux, d’une surcharge sensorielle, de l’anxiété, de la fatigue ou de plusieurs de ces facteurs en même temps. Une routine très rigide peut être liée à un besoin de prévisibilité, mais elle peut aussi avoir été construite pour compenser des oublis et des difficultés d’organisation.
Le bon raisonnement n’est donc pas « quel test prouve que je suis AuDHD ? ». La question clinique est plutôt de savoir quels fonctionnements sont présents depuis le développement, dans quels contextes ils apparaissent, comment ils retentissent sur la vie quotidienne et quelles autres explications doivent être envisagées.
Communication et interactions sociales, comportements ou intérêts restreints et répétitifs, besoin de prévisibilité, particularités sensorielles, trajectoire développementale et retentissement.
Inattention, distractibilité, hyperactivité et impulsivité selon le profil, présence dans plusieurs contextes, début au cours du développement et impact fonctionnel.
Ce qui se renforce, se compense ou se masque lorsque les deux fonctionnements coexistent, avec une attention particulière au camouflage et aux stratégies développées au fil des années.
Il n’existe pas un parcours identique pour tout le monde. L’âge, le lieu de vie, les professionnels disponibles, les diagnostics déjà posés, les troubles associés et le secteur public ou libéral modifient l’organisation concrète. En revanche, plusieurs éléments reviennent dans une évaluation de qualité.
Le diagnostic s’appuie sur un ensemble convergent d’informations plutôt que sur une seule séance ou un seul score. Les recommandations de la HAS pour le TDAH de l’enfant et de l’adolescent décrivent par exemple un entretien général puis spécifique, un examen clinique et un recueil d’informations auprès des personnes qui connaissent le fonctionnement de l’enfant. Elles précisent qu’aucun examen complémentaire ou biomarqueur ne confirme le TDAH.
On part des difficultés réelles, des questions de la personne ou de son entourage et de ce qui a conduit à envisager un TSA, un TDAH ou les deux. Un diagnostic déjà existant doit aussi être replacé dans l’histoire globale.
Le professionnel cherche ce qui était déjà présent dans l’enfance et l’adolescence, même si ces manifestations étaient moins visibles ou compensées. Les souvenirs, bulletins scolaires, anciens comptes rendus et témoignages de proches peuvent contribuer à cette reconstruction lorsqu’ils sont disponibles.
L’évaluation explore plusieurs domaines de vie. Travail ou études, relations, autonomie, organisation, sommeil, sensorialité, communication, gestion des transitions, conduite, parentalité ou démarches administratives peuvent fournir des informations très différentes d’une simple consultation en cabinet.
Des questionnaires, entretiens structurés, observations ou tests peuvent aider à organiser l’évaluation. Leur rôle est d’apporter des informations supplémentaires. Ils ne remplacent pas le raisonnement clinique et n’ont pas tous la même fonction.
Le professionnel vérifie si certaines difficultés peuvent être expliquées par un autre trouble, une maladie, un problème de sommeil, des substances, un contexte traumatique ou un autre facteur. Il vérifie aussi ce qui peut coexister avec un TSA ou un TDAH.
La conclusion devrait expliquer les éléments qui soutiennent ou non chaque hypothèse, les incertitudes éventuelles, le profil fonctionnel et les suites utiles. Le diagnostic n’est qu’une partie de la restitution.
Les parcours sont souvent pluridisciplinaires, mais tous les professionnels n’ont pas la même fonction. La HAS distingue l’évaluation clinique, les bilans complémentaires et le diagnostic médical. Pour le TDAH chez l’enfant et l’adolescent, elle précise que le diagnostic peut être posé par un médecin formé au TDAH. Pour l’autisme, les recommandations organisent également le diagnostic autour d’une évaluation clinique et fonctionnelle pouvant mobiliser plusieurs professions.
Il conduit ou coordonne l’évaluation médicale, examine les diagnostics différentiels médicaux et psychiatriques, pose le diagnostic médical dans le cadre de ses compétences et décide des examens ou traitements éventuellement nécessaires.
Il peut réaliser des entretiens, des évaluations psychométriques, cognitives ou fonctionnelles et documenter les points forts, difficultés et stratégies. Son bilan peut être une pièce importante de l’évaluation sans se confondre avec l’ensemble du diagnostic médical.
Orthophoniste, ergothérapeute, psychomotricien ou d’autres professionnels peuvent explorer un domaine précis lorsque la clinique le justifie, par exemple le langage, les apprentissages, la motricité ou certaines répercussions fonctionnelles.
Avec l’accord de la personne, les parents, le partenaire, l’école ou d’anciens documents peuvent aider à comprendre le fonctionnement dans d’autres contextes et à reconstruire l’histoire développementale. Ils apportent des informations, ils ne « votent » pas le diagnostic.
La HAS dispose d’une note de cadrage pour le repérage, le diagnostic et la prise en charge du TDAH adulte publiée en 2021. Un avis de la HAS d’octobre 2025 indique encore que les recommandations dédiées à l’adulte sont « en cours de réalisation ». Il est donc prudent de ne pas présenter aujourd’hui un parcours français unique comme s’il existait partout de la même manière.
L’évaluation de l’autisme ne consiste pas à vérifier si une personne correspond à une image stéréotypée de l’autisme pendant une heure. Elle examine des caractéristiques persistantes qui s’inscrivent dans le développement, leur expression actuelle, leur intensité, leur retentissement et les stratégies qui peuvent les rendre moins visibles.
Chez l’adulte, NICE recommande une évaluation complète qui s’intéresse aux caractéristiques autistiques présentes depuis l’enfance et qui continuent à l’âge adulte, à l’histoire développementale, au fonctionnement à domicile, dans les études ou l’emploi, aux troubles physiques ou psychiques associés, aux autres troubles neurodéveloppementaux et aux sensibilités sensorielles. L’observation directe fait partie des informations possibles, mais elle est replacée dans cet ensemble.
Une consultation très fluide n’exclut pas un TSA. Certaines personnes ont appris à préparer leurs réponses, à reproduire des codes sociaux ou à contrôler volontairement des comportements qui seraient plus spontanés dans un autre contexte. L’évaluation doit donc regarder au-delà de l’impression produite pendant le rendez-vous.
Le TDAH ne se résume pas à « être distrait » ou « bouger beaucoup ». L’évaluation recherche un ensemble persistant de manifestations d’inattention et, selon le profil, d’hyperactivité ou d’impulsivité, présentes au cours du développement, observables dans plusieurs contextes et associées à un retentissement réel.
Chez l’adulte, la reconstruction de l’enfance prend une place importante. Les symptômes peuvent avoir changé de forme avec l’âge et certaines personnes n’ont jamais été repérées à l’école. Les documents anciens, les souvenirs, les proches lorsqu’ils sont disponibles et des entretiens structurés peuvent aider à reconstituer cette période. L’objectif n’est pas d’exiger une enfance « catastrophique », mais de vérifier que le fonctionnement ne s’est pas installé seulement récemment.
Il n’existe pas de biomarqueur confirmant le TDAH. La HAS précise pour l’enfant et l’adolescent qu’aucun examen complémentaire ou biomarqueur ne permet de confirmer le diagnostic. Chez l’adulte également, les documents de référence insistent sur une anamnèse approfondie et une évaluation clinique complète plutôt que sur un test unique.
Les outils sont utiles lorsqu’on sait à quelle question ils répondent. Certains servent au repérage, d’autres structurent un entretien clinique, d’autres encore organisent une observation. Ils ne sont pas interchangeables. Un questionnaire de dépistage positif signifie qu’une évaluation peut être pertinente, pas que le diagnostic est établi.
NICE rappelle explicitement qu’un diagnostic de TDAH ne doit pas être posé sur la seule base d’échelles de cotation ou d’observations. Pour l’autisme adulte, NICE décrit l’AQ-10 comme un outil de repérage pouvant conduire à proposer une évaluation complète, et cite plusieurs outils qui peuvent aider dans les situations diagnostiques complexes.
Ils peuvent signaler qu’une évaluation approfondie serait pertinente. Un score ne permet ni de confirmer à lui seul un TSA ni de l’exclure lorsque l’histoire clinique reste évocatrice.
Selon l’âge, le profil et l’équipe, des outils standardisés d’observation ou d’entretien développemental peuvent contribuer à l’évaluation. Leur valeur vient de leur intégration au reste des informations cliniques, pas d’un verdict automatique.
L’Adult ADHD Self-Report Scale est une échelle de repérage largement utilisée. Elle aide à identifier des symptômes à explorer plus précisément. Elle n’est pas conçue pour remplacer un diagnostic clinique.
Le DIVA-5 est un entretien structuré consacré aux critères du TDAH chez l’adulte et à leur présence pendant l’enfance. La DIVA Foundation précise qu’il porte sur les symptômes centraux du TDAH et ne remplace donc pas l’exploration des troubles associés ou des diagnostics différentiels.
Les informations provenant de plusieurs contextes peuvent être particulièrement utiles. Les questionnaires permettent de comparer des observations, mais ils doivent être interprétés avec l’entretien, l’examen clinique et l’histoire de l’enfant.
Un outil n’est jamais « réussi » ou « raté ». Essayer de préparer les « bonnes réponses » avant une évaluation peut au contraire rendre l’interprétation plus difficile. Ce qui aide le plus est d’apporter des exemples concrets de situations vécues, avec leur fréquence, leur ancienneté et leurs conséquences.
Le bilan neuropsychologique peut être très utile, mais il ne doit pas être présenté comme « le test du TDAH » ou « le test de l’AuDHD ». La HAS indique clairement, dans ses recommandations 2024 pour le TDAH de l’enfant et de l’adolescent, qu’un bilan neuropsychologique n’est pas nécessaire pour poser le diagnostic de TDAH. Il peut toutefois être utile dans certaines situations, pour le diagnostic différentiel ou le suivi.
Son intérêt principal est de décrire plus finement certaines fonctions cognitives et de comprendre comment elles participent aux difficultés ou aux stratégies de compensation. Le contenu varie selon la question posée et tous les bilans ne testent pas les mêmes dimensions.
Selon la demande, un bilan peut examiner plusieurs domaines.
Une performance dans un cabinet très structuré ne reproduit pas forcément les sollicitations d’une journée ordinaire. Un profil cognitif ne permet pas, isolément, de décider qu’une personne est ou n’est pas TDAH, autiste ou AuDHD.
Un diagnostic différentiel est une autre explication possible aux manifestations observées. Un trouble associé est une condition qui peut coexister avec le TSA ou le TDAH. La distinction est fondamentale. Trouver de l’anxiété, un trouble du sommeil ou un traumatisme ne signifie pas automatiquement que l’hypothèse neurodéveloppementale disparaît. Le professionnel doit déterminer ce qui explique quoi, depuis quand et dans quelle proportion.
Chez l’adulte autiste, NICE recommande notamment d’évaluer les autres troubles neurodéveloppementaux, les troubles de l’humeur, l’anxiété, les troubles obsessionnels compulsifs, certains troubles psychotiques, les troubles neurologiques, des problèmes physiques et les difficultés de communication. Pour le TDAH, la HAS souligne également le poids des comorbidités et la nécessité d’éliminer les diagnostics différentiels.
Ils peuvent modifier fortement l’attention, la mémoire, l’irritabilité et l’énergie. Ils peuvent aussi coexister avec un TDAH ou un TSA et aggraver les difficultés.
Certains symptômes se chevauchent en apparence. Le caractère développemental, les contextes déclencheurs, l’évolution dans le temps et la nature précise des difficultés aident à les distinguer.
Hypervigilance, dissociation, difficultés de concentration, évitements et dérégulation émotionnelle peuvent compliquer la lecture du tableau clinique. Les deux situations peuvent également coexister.
Le professionnel s’intéresse notamment à la chronologie. Un trouble neurodéveloppemental suit une trajectoire persistante, alors que certaines manifestations de l’humeur se présentent par épisodes.
Ils peuvent modifier le fonctionnement scolaire, la communication et l’autonomie. Leur présence n’exclut pas automatiquement un TSA ou un TDAH.
Certains traitements, consommations, troubles endocriniens, neurologiques ou autres problèmes de santé peuvent modifier l’attention, l’agitation ou les capacités cognitives et doivent être explorés lorsque le contexte le suggère.
Lorsque les deux conditions coexistent, le risque n’est pas seulement de manquer les deux. Il est aussi de repérer correctement l’une et d’attribuer ensuite toutes les difficultés à ce premier diagnostic. Ce phénomène est parfois décrit comme un diagnostic overshadowing, c’est-à-dire un effet d’écrasement diagnostique.
Des travaux consacrés aux jeunes adultes autistes montrent par exemple que des manifestations de TDAH peuvent être attribuées à l’autisme en raison d’un chevauchement superficiel. Un consensus d’experts consacré à la coexistence autisme-TDAH souligne lui aussi que la présentation combinée peut compliquer l’identification et nécessite une approche qui examine les deux dimensions.
Le mouvement inverse existe également. Une personne déjà diagnostiquée TDAH peut voir des difficultés sociales, une rigidité, un besoin de prévisibilité ou des particularités sensorielles expliquées uniquement par le TDAH, alors qu’une évaluation plus large serait pertinente.
Une routine peut masquer un TDAH, et un TDAH peut rendre la rigidité moins évidente. Une personne peut construire des systèmes très stricts pour éviter les oublis, ou au contraire changer constamment de méthode tout en ayant besoin que certains éléments de son environnement restent très prévisibles. C’est précisément ce type d’interaction que l’évaluation combinée doit explorer.
L’école, la maison et les activités extérieures peuvent montrer des profils très différents. Les parents, enseignants et autres professionnels peuvent contribuer à documenter le fonctionnement dans plusieurs contextes.
Pour le TDAH, la HAS recommande de recueillir des informations auprès des intervenants de l’enfant. Pour le TSA, le parcours recommandé comprend le repérage, une évaluation diagnostique et une évaluation initiale du fonctionnement.
Les difficultés d’apprentissage, de langage, de sommeil, de motricité ou d’autres troubles neurodéveloppementaux peuvent également conduire à des bilans ciblés.
L’adulte arrive parfois avec plusieurs décennies de stratégies, des diagnostics antérieurs ou aucune archive facilement accessible. L’évaluation cherche alors à reconstituer l’histoire à partir de plusieurs sources disponibles.
Des bulletins scolaires, anciens comptes rendus, souvenirs détaillés, informations d’un proche avec l’accord de la personne ou autres documents peuvent être utiles. La disponibilité d’un parent n’est pas la seule façon de documenter une histoire développementale.
Le fonctionnement actuel est exploré largement, notamment dans le travail, les études, les relations, l’autonomie, l’organisation domestique, les démarches, la conduite, la parentalité et la santé.
La téléconsultation n’a pas la même place dans tous les parcours. Pour le diagnostic du TDAH chez l’enfant et l’adolescent, la HAS précise en 2024 que le diagnostic ne doit pas reposer uniquement sur des consultations à distance, sauf situation exceptionnelle. Pour les adultes, les organisations et protocoles peuvent varier selon les équipes.
La meilleure préparation n’est pas d’apprendre les critères diagnostiques par cœur. Elle consiste à arriver avec des exemples précis permettant au professionnel de comprendre le fonctionnement dans la durée. « J’ai du mal à m’organiser » apporte peu d’informations. Décrire ce qui se passe quand il faut prendre un rendez-vous, préparer un dossier, partir à l’heure ou interrompre une activité est beaucoup plus utile.
Ce qui se passe, depuis quand, dans quel contexte, à quelle fréquence et avec quelles conséquences. Les exemples réussis grâce à une stratégie de compensation sont aussi utiles que les échecs.
Bulletins scolaires, anciens bilans, comptes rendus médicaux ou paramédicaux, documents MDPH et autres archives peuvent aider lorsque leur contenu éclaire l’histoire.
Il est utile de signaler les traitements essayés, leurs effets, les troubles du sommeil, l’anxiété, l’humeur, les consommations ou d’autres éléments pouvant modifier le fonctionnement.
Alarmes, listes, scripts sociaux, préparation très longue, routines strictes, travail nocturne, soutien d’un proche ou évitement de certaines situations font partie du tableau.
Un bilan utile décrit aussi les domaines dans lesquels la personne fonctionne bien, les environnements qui facilitent son fonctionnement et les compétences qui compensent certaines difficultés.
Qui posera la conclusion médicale, quels outils seront utilisés, comment les troubles associés seront explorés, quel compte-rendu sera remis et quelles suites sont prévues.
Un compte-rendu utile ne se contente pas d’une ligne indiquant « positif » ou « négatif ». Il permet de comprendre la démarche utilisée, les informations retenues, les limites de l’évaluation et les suites proposées. Sa forme varie selon le professionnel et le contexte, mais plusieurs éléments rendent la conclusion beaucoup plus exploitable.
Le diagnostic doit pouvoir être relié à une histoire, des critères, un retentissement et un raisonnement clinique, pas seulement à une série de scores.
Le professionnel peut conclure que les critères ne sont pas réunis, qu’un autre diagnostic explique mieux certaines difficultés, qu’un TDAH est présent sans TSA, qu’un TSA est présent sans TDAH, ou qu’il manque des informations pour conclure avec suffisamment de confiance.
Une conclusion négative ne signifie pas que les difficultés décrites n’existent pas. Elle devrait permettre de savoir quelles explications ont été retenues et quelles pistes restent utiles. Lorsque l’évaluation semble incomplète, contradictoire avec des informations importantes ou impossible à comprendre, il est légitime de demander des explications sur le raisonnement et le compte-rendu.
Un second avis peut parfois être pertinent, notamment lorsque la situation est complexe ou que la première évaluation n’a pas pu examiner une dimension importante. Il ne garantit évidemment pas une conclusion différente.
Un neuropsychologue peut réaliser une part importante de l’évaluation, notamment les entretiens et bilans cognitifs ou fonctionnels correspondant à ses compétences. Dans les parcours de soins français décrits par la HAS, le diagnostic médical est posé dans un cadre médical et peut s’appuyer sur des évaluations réalisées par plusieurs professionnels. Il est donc utile de demander dès le départ qui fera la synthèse diagnostique finale et quel document sera remis.
Non. L’ADOS est un outil pouvant contribuer à l’évaluation dans certaines situations, mais il n’est pas à lui seul le diagnostic. Les recommandations pour l’autisme adulte décrivent une évaluation complète fondée sur plusieurs sources et indiquent que des outils formels peuvent aider dans les situations complexes. L’histoire développementale, le fonctionnement réel et le raisonnement clinique restent indispensables.
Non. Ces questionnaires peuvent repérer des caractéristiques qui méritent d’être explorées. NICE indique explicitement que le TDAH ne doit pas être diagnostiqué sur la seule base d’échelles de cotation et présente l’AQ-10 comme un outil permettant d’orienter vers une évaluation complète de l’autisme. Le contexte, l’histoire, le retentissement et les diagnostics différentiels doivent être étudiés.
Oui, si l’évaluation est organisée pour examiner réellement les deux hypothèses et si les professionnels disposent des compétences nécessaires. La conclusion médicale restera celle d’un TSA et d’un TDAH coexistants. « AuDHD » est un terme pratique pour parler du profil combiné, pas un troisième diagnostic séparé.
Des informations provenant d’une personne qui vous connaissait pendant l’enfance peuvent être très utiles, mais elles ne sont pas toujours disponibles. Les recommandations NICE pour l’autisme adulte parlent d’un proche ou de preuves documentaires, comme des bulletins scolaires, lorsque cela est possible. L’évaluateur peut combiner plusieurs sources pour reconstruire l’histoire développementale. Il faut signaler simplement ce qui est disponible et ce qui ne l’est pas.
Non. Le niveau de réussite visible ne suffit pas à conclure. L’évaluation s’intéresse aux difficultés, au retentissement dans plusieurs domaines et aux moyens utilisés pour maintenir cette réussite. Une personne peut obtenir de bons résultats grâce à des stratégies très coûteuses, à un environnement particulièrement adapté ou au soutien de son entourage.
Non. Il n’existe pas aujourd’hui de biomarqueur clinique permettant de confirmer un TDAH ou un TSA chez une personne à partir d’une IRM, d’un EEG ou d’une prise de sang. Des examens peuvent être prescrits lorsqu’un médecin recherche une autre cause, une maladie associée ou une indication particulière, mais ils ne constituent pas un « test AuDHD ».
Il n’existe pas de durée universelle. Le nombre de rendez-vous dépend de l’âge, de la complexité du tableau, des documents disponibles, des outils utilisés et de l’organisation de l’équipe. Une évaluation combinée TSA-TDAH peut demander plusieurs étapes parce qu’elle doit examiner deux ensembles de critères ainsi que leurs diagnostics différentiels.
Pas nécessairement. Le diagnostic existant fait partie des informations de départ. L’évaluation du TSA doit cependant examiner si certaines difficultés jusque-là attribuées au TDAH correspondent aussi à des caractéristiques autistiques présentes depuis le développement. Le professionnel peut également vérifier la cohérence du diagnostic déjà posé si cela est nécessaire à la compréhension globale.
La réponse dépend de l’âge, du trouble recherché et du protocole. Pour le TDAH chez l’enfant et l’adolescent, la HAS précise que le diagnostic ne doit pas reposer uniquement sur des consultations à distance, sauf situation exceptionnelle. Pour les adultes, les pratiques sont plus variables et l’équipe doit pouvoir expliquer comment elle recueille les observations et informations nécessaires.
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Dernière révision documentaire de cette page · 16 août 2026