Le retard diagnostique n’a pas une cause unique. Il résulte souvent de plusieurs mécanismes qui s’additionnent. Les modèles historiques de l’autisme ont été largement construits à partir de populations masculines, tandis que le TDAH a longtemps été repéré surtout à travers les comportements les plus visibles, comme l’agitation ou les conduites perturbatrices. Une fille discrète, très attentive aux attentes sociales, absorbée par ses centres d’intérêt ou surtout inattentive peut donc attirer moins rapidement l’attention des adultes.
À cela s’ajoutent les stratégies de compensation. Certaines personnes apprennent très tôt à observer les autres, préparer des conversations, copier des expressions, contrôler leur agitation, masquer leurs incompréhensions ou construire des systèmes extrêmement précis pour éviter les oublis. Ces stratégies peuvent fonctionner longtemps lorsque l’environnement est stable et structuré.
Le problème devient souvent plus visible lorsqu’une étape de vie augmente brutalement les demandes. Entrée au collège ou au lycée, études supérieures, premier emploi, vie en couple, parentalité, maladie, deuil, changement professionnel ou transition hormonale peuvent réduire la marge disponible et rendre insuffisantes des stratégies jusque-là efficaces.
Un diagnostic tardif n’est pas un diagnostic d’apparition tardive. Pour un trouble neurodéveloppemental, l’évaluation doit retrouver un fonctionnement dont les racines remontent au développement, même si les conséquences les plus visibles n’apparaissent que lorsque les exigences deviennent plus fortes.
85 330personnes avec TDAH dans une étude suédoiseDans cette cohorte de soins, les femmes avaient leur premier index TDAH en moyenne environ 3,9 ans plus tard que les hommes. Ce chiffre décrit cette population et ne constitue pas un délai universel.
72 331personnes autistes dans une cohorte nationale suédoiseLes femmes avaient plus souvent reçu au moins un diagnostic psychiatrique avant le diagnostic d’autisme que les hommes. Le résultat souligne l’importance du diagnostic différentiel sans invalider automatiquement les diagnostics antérieurs.
6femmes AuDHD dans une étude qualitative de 2024Le petit échantillon documente finement l’expérience vécue du diagnostic tardif, du genre et du camouflage. Il ne permet pas de généraliser ses résultats à toutes les femmes AuDHD.